tre heureux cheval, c'est tre entre terre et ciel, une hauteur qui n'existe pas.    J r me GARCIN (1956)
Pr sentation
Je vous propose...
Principes universels

Depuis l'antiquit , il y a toujours eu des principes fondamentaux qui ont fait leurs preuves. Ils ont été revus, am lior s, expliqu s. POURQUOI S'EN PASSER ?

La nature a ses lois, les principes leurs r gles, et l'homme ses pr jug s. Fran ois BAUCHER (1796-1873) - cuyer

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De l'enseignant - Psychologie


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LA PSYCHOLOGIE DU CAVALIER ET DU CHEVAL, LA P DAGOGIE

PSYCHOLOGIE, n. f.


XVIe si cle. Emprunt du latin scientifique psychologia, lui-m me compos à partir du grec psukh ,  souffle, vie, me  , et logos,  discours, trait   .

1. Vieilli. Partie de la philosophie qui traite de l' me, de ses facult s et de ses opérations.

2. Science de la vie mentale, des donn es de conscience, des facult s et des opérations de l'esprit. La psychologie compte au nombre des sciences humaines. La psychologie rationnelle est une des trois branches de la m taphysique sp ciale. La psychologie s'est d velopp e comme une science exp rimentale. La caract rologie est une branche de la psychologie. Dipl me de psychologie. Psychologie des profondeurs, qui prend en consid ration non seulement les tats conscients, mais aussi les tats inconscients de l'esprit ( quivalent vieilli de Psychanalyse). Psychologie des formes, de la forme, qui consid re les faits psychiques selon les ensembles et figures (en allemand, Gestalten) qu'ils forment, non pas selon leurs contenus pris isol ment. Psychologie sociale ou Psychosociologie (voir ce mot). Psychologie analytique. Par anal. Psychologie animale.

3. Dans la langue courante, l'ensemble des traits de caract re, des mani res de penser, de r agir et d'agir d'un individu, d'un groupe. Psychologie infantile, masculine, f minine. Par anal. La psychologie d'un personnage litt raire, de fiction. D signe aussi l'habilet comprendre l' me humaine, ses qualit s, ses d fauts, et ses ressorts les plus secrets. Faire preuve de psychologie. Il a manqu de la plus l mentaire psychologie.
 
Dictionnaire de l'Acad mie fran aise, 9e dition, tome III (2000-)
P DAGOGIE n. f.

XVe si cle. Emprunt du grec paidag gia,  direction, ducation des enfants  , d riv de paidag gos,  p dagogue  , lui-m me compos l'aide de pais, paidos,  enfant  , et agein,  conduire  .


1. Instruction, ducation des enfants  ensemble de proc d s employ s pour les instruire et les former en fonction de certaines fins morales et sociales. Un ouvrage de p dagogie. La p dagogie de Montaigne, de Jean-Jacques Rousseau.

2. Discipline th orique visant d finir des m thodes d'enseignement, d terminer de nouvelles pratiques ducatives. P dagogie des langues vivantes, des math matiques. P dagogie active, directive. P dagogie par objectifs .

3. Qualit d'une personne qui sait int resser et former les esprits, qui est apte transmettre son savoir, faire acqu rir des connaissances. Avoir de la p dagogie. Manquer de p dagogie.
 
Dictionnaire de l'Acad mie fran aise, 9e dition, tome III (2000-)

 

 

 


Simplifier. Ne pas d go ter

 Les difficult s de l'équitation sont déjà en assez grand nombre, même avec la connaissance exacte des moyens les plus naturels, sans qu'on les augmente encore par des donn es impraticables; qui d routent enti rement l' l ve, et lui font prendre en d go t l'exercice auquel il se livre. 

XIXe s. : BAUCHER (Fran ois), Dictionnaire raisonn d'équitation par F. BAUCHER, professeur d'équitation, Rouen, Imprim par D. Bri re, rue Saint-L , n 7, 1833, p. 151


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Apprendre sentir

 Il est de la plus grande importance, pour l'intelligence et les progr s de l' l ve, que l'instructeur soit court, clair, persuasif  celui-ci doit donc viter d' tourdir ses recrues par des d veloppements th oriques trop prolong s. Quelques mots, expliqu s avec -propos, favoriseront et dirigeront beaucoup plus vite la compr hension. L'observation silencieuse est souvent un des caract res distinctifs du bon professeur. après qu'on s'est assur que le principe pos est bien compris, il faut laisser l' l ve studieux exercer lui-m me son m canisme : c'est ainsi seulement qu'on parviendra trouver les effets de tact, qui ne s'obtiennent que par la pratique. Tout ce qui tient au sentiment s'acquiert, mais ne se d montre pas. 

XIXe s. : Fran ois BAUCHER, M thode d'équitation bas e sur de nouveaux principes (1850), p. 127

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La leçon

 leçon. Donner une leçon, c'est expliquer ses l ves les principes l'aide desquels on arrive suivre d'abord et diriger ensuite les mouvements du cheval.
   Il y a plusieurs mani res de d montrer l'équitation, dit-on ; quelle est la meilleure ? Voil ce qu'il est difficile de d soudre, du moins pour les l ves, parce qu'ils attachent naturellement rehausser un peu de gloriole de leur professeur ; aussi conviennent-ils avec peine de son incapacit , en admettant même qu'ils aient les connaissances requises pour en juger ; car il faut poss der fond une pour appr cier le savoir des hommes qui la cultivent.

   Quant moi, je crois que le premier m rite de l' cuyer qui enseigne, est d'observer une marche no seulement progressive, mais surtout rationnelle. Il en est (qu'on nous passe cette somparaison) des mouvements de l' l ve par rapport son aplomb comme de ceux du cheval, relativement sa position : l'assiette de l'un comme l' quilibre de l'autre, doit pr c der tout mouvement des extr mit s ; sans ce soin, les progr s sont d'une d sesp rante lenteur.
   Mes coll gues ne m'en voudront s rement pas, si, tout en laissant chacun agir sa mani re, je cherche faire conna tre la pratique qui m'a parue la plus goétée des l ves ; celle qui, tout en r alisant pour eux de promptes et durables jouissances, leur fait prouver le soin de se perfectionner en prolongeant d'eux-m mes le temps de leurs tudes.

   Voici donc comment je divise mes leçons : trois semaines ou un mois en bridon, pour commencer rompre le cavalier et rompre chaque partie l'attitude qu'elle doit conserver. Vingt jours en bride pour placer l' l ve carr ment, sans le secours des deux r nes, et pour consolider sa position. Les perons ne s'adaptent aux talons qu'au bout de ce temps ; après les avoir port s huit jours on commence l'usage du filet, qui est tenu dans la main droite, pour agir sur la position du cheval. Ainsi, c'est au bout de deux mois que mes l vent commencent tirer avantage de leur solidit , pour r gler le mouvement de leurs aides, et disposre le cheval pour le galop.
   Il est bien vident que ces divisions de temps n'ont rien de sacramentel, et que l' cuyer peut et doit même les modifier, selon les capacit s des commen ants.

   Il est bon que j'explique encore comment je gradue le choix des trotteurs qui servent aux premi res tudes, avant de permettre l'emploi de tous les instruments propres faire conna tre au cheval la volont du cavalier. Pendant le premier mois, ils ne montent que des chevaux doux d'allure et de caract re ; ensuite ils montent indistinctement des chevaux doux ou durs mais n'offrant pas d'autres difficult s que celles sui r sultent de leur allure. Cependant, comme ils en changent chaque reprise, j'ai soin que le premier soit celui qui a les r actions les plus fortes.
   De cette m thode, l' l ve tire deux avantages ; d'abord, les d placements continuels qu'il prouvent lui apprennent se servir de ses forces, de mani re reprendre son quilibre le plus promptement possible, et pour cela, j'ai grand soin que ses paules et ses jambes ne lui pr tent aucun secours.
   Ensuite, lorsqu' la seconde reprise, il passe sur un cheval plus doux, il ressent une telle aisance, qu'il emploie de lui-m me, se bien placer, les efforts que ne lui servaient d'abord qu' se tenir ; le bien- tre qu'il prouve lui fait sentir le d sir et le besoin des progr s.
   Un soin que j'ai encore, c'est par des conseils assidus, de m'emparer de l'attention de l' l ve ; de le forcer incessamment veiller sur lui-m me, rectifier sa position, et profiter ainsi de chacun des moments de sa leçon ; d'approprier mes expressions, et jusqu'aux intonations de ma voix, au caract re de l' l ve et aux dispositions morales que je lui ai reconnues. celui qui met tout profit, je parle avec douceur, et j'explique plus fond ; au raisonneur, je r ponds bri vement, sans laisser toutefois aucune de ses demandes sans r ponse ; je contraint l'esprit paresseux me donner le pourquoi du pourquoi, tant t en l'obligeant penser, tant t en l'aidant propos. Pour l' l ve apathique ou indolent, j'use de mots sonores et expressifs (toujours honn tes, bien entendu). Il est des l ves dont la prompte compr hension devance les progr s physiques ; tous mes soins avec eux se portent sur leur m canisme ; je m'attache ne pr senter de nouveaux aliments leur intelligence qu'au fur et mesure que l'habitude d'ex cution r pond leur conception. Bref, mon premier soin est de chercher conna tre le genre et le degr de capacit de chaque l ve, et j'affirme que cette connaissance a toujours été plus utile leurs progr s que celle du physique ; car il n'est pas de conformation avec laquelle on ne puisse monter cheval ; mais il est des organisations intellectuelles avec lesquelles tout progr s serait lent ou nul, si l' cuyer ne savait en tenir compte.
   Cela dit, je reviens la position de l' l ve.
   Mon attention premi re consiste dans le soin de rectifier les parties qui composent et constituent son assiette, chaque fois qu'elles sortent de la bonne position que je lui fait prendre en le mettant cheval.
   Je supprime pour mon l ve tout changement de direction, ne tenant même pas ce qu'il conduise son cheval r guli rement en ligne droite ; je veux qu'il ne soit occup que d'un seul point, celui de se tenir de son mieux.
   Quand il est plac convenablement, c'est dire les reins bien dispos s et les cuisses adh rentes la selle, alors, mais seulement alors, je lui fait conna tre les fonctions des poignets et des jambes et leur influence sur le cheval, en lui expliquant clairement leurs effets, s par s ou combin s. C'est en exer ant constamment l' lasticit de chaque extr mit que l' l ve parvient promptement s'en servir d'une mani re locale et avec un ensemble raisonn , et qu'il communique les impulsions au cheval, non pour lui donner des directions, mais bien pour le placer ; je lui apprends ainsi qu' son exemple le cheval doit tre assujetti un aplomb v ritable, sans lequel il n'y a pas de travail possible. Enfin, ce n'est que quand l' l ve obtient une am lioration sensible dans l' quilibre de l'animal qu'il doit essayer le diriger ; mais d s-lors, il fait avec pr cision et s ret , je dirais plus, avec conviction.
   N'est-il pas mieux de suivre cette d marche toute logique et naturelle, que de franchir sans discernement les chelons qui servent de base fondamentale la science ? Je le r p te, la premi re chose que l' l ve doit acqu rir est une bonne position, car la position est l'emploi des forces motrices ce que le point d'appui est au levier.
   Les cuyers se plaignent assez souvent du peu de pers v rance des l ves et du d go t qu'ils apportent aux leçons. Le moyen d'obvier cet inconv nient est d'abord de faire dispara tre la monotonie et la longueur des leçons classiques, de rajeunir les errements de nos vieux professeurs, qui pensaient que sans bottes l' cuy re et chapeau trois cornes on ne pouvait bien monter cheval, et laissant le commen ant beaucoup trop de temps aux premiers principes. vitons ces ennuis nos l ves, mais sans pourtant tomber dans l'exc s contraire, en les faisant monter après quinze jours de leçons, avec des perons et des triers, sans avoir reconnu reconnu des dispositions extraordinaires ; car dans un cas comme dans l'autre, ils se d go teraient promptement ; dans le premier, parce qu'ils croiraient d'une insurmontable difficult  ; dans le second, au contraire, parce qu'ils penseraient de suite tout savoir ; comme on ne leur aurait fait conna tre aucune des difficult s de l'art, loin de chercher surmonter celles qui s'y rencontrent, ils ne les devineraient même pas.

   Nos chevaux, bons et paisibles, suppl ent souvent l'incapacit de ces derniers cavaliers et flattent leur ignorance ; car le cheval qui a de bons yeux va naturellement droit devant lui, vitant soigneusement ce qui se trouve sur son passage ; mais s'ils viennent en monter de quelque peu difficiles, que deviennent nos cavaliers improvis s ? Ils sont le jouet du cheval et la ris e des assistants, et bient t se d go tent d'un art qui aurait fait toutes leurs d lices, s'il eété t d montr avec plus de m thodes.
   Je le r p te, en apportant cette suite et cette progression dans l'ordre des leçons et des exercices, les professeurs gagneront sous le rapport p cuniaire ; et, sous celui de l'opinion publique, ils rajeuniront l'équitation qui tombe en d su tude ; ils donneront le go t des chevaux, et feront une science d'un art auquel l'indiff rence publique ferait bient t même refuser ce nom. 

XIXe s. : BAUCHER (Fran ois), Dictionnaire raisonn d'équitation par F. BAUCHER, professeur d'équitation, Rouen, Imprim par D. Bri re, rue Saint-L , n 7, 1833, p. 182-189

Qui ne voudrait avoir un tel enseignant sa disposition ? Les instructeurs et professeur qui m'ont appris monter cheval avaient cette p dagogie et cette m thodologie. Ai-je eu de la chance ? Non, c' tait normal. L'enseignement d'alors, celui que je perp tue, tait tout aussi diversifi et ludique qu'aujourd'hui, et n' tait pas r serv une lite mais, bien au contraire, le m rite et la pers v rance taient le plus souvent r compens s. Et la meilleure des r compenses ne se trouve pas sur les podiums sur lesquelles on monte coup de milliers d'euros ; elle nous vient d'abord des chevaux eux-m mes !

Comme le disait fort justement cet cuyer, il y a 170 ans, enseigner correctement doit tre b n fique tout le monde.  C'est toujours d'actualité mais la d mocratisation de l'équitation est pass e par l . Elle a amen la dilution du savoir et de la qualit , et les fruits ne sont tomb s dans les paniers que des adeptes de l'équitation-pognon.

Dans ce qu' crit Fran ois Baucher, il suffit d'enlever tout ce qui a purement trait l'équitation et on retrouve les bases de la p dagogie, celle dont toute personne voudrait pouvoir b n ficier d s lors qu'elle est l ve, quel que soit son ge.

QUELLE leçon !

N.B. : d lices n'est devenu un substantif masculin singulier part enti re que depuis la 9e dition du Dictionnaire de l'Acad mie fran aise, tome I, 1986-2000.

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PASSE-TEMPS équestreS NOTES DES PASSE-TEMPS équestreS

leçon

Le langage sans -propos est un bavardage en pure perte.

p. 296

leçon

Conna tre la disposition d'esprit et le degr d'intelligence de l' l ve doit tre la premi re pr occupation du professeur ; ses conseils, alors, iront droit au but ; mais s'ils sont donn s g n ralement, s'il se contente de les d biter comme un cat chisme, sa leçon sera sans fruit.

p. 297

XIXe s. : BAUCHER (Fran ois), Passe-temps équestre dans uvres compl tes de F. Baucher - M thode d'équitation bas e sur de nouveaux principes, revue et corrig e, onzi me dition,  suivie de Passe-temps équestres, Dialogue sur l'équitation, Dictionnaire raisonn d'équitation, R ponse la critique, etc., Paris, Chez l'auteur, rue de Penthi vre, 29, Chez Dumaine, la Librairie militaire, rue et passage Dauphine et Chez Dentu, libraire- diteur au Palais-Royal, 1859

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Humilit

 Chez l' cuyer qui d bute dans l'enseignement, la prolixit est habituelle. Il est port dire tout ce qu'il sait, et aussi faire de la science l o elle n'est pas de mise, son intervention n'apparaissant souvent que pour masquer le manque de connaissances pratiques. 

XIXe s. : G n ral Alexis L'HOTTE, Questions équestres, p. 21

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L'enseignant ne peut pas tout...

 Le ma tre a une sph re d'action qui, certainement, pr sente de l' tendue. Il a dans les mains tous les moyens de faire de ses l ves des cavaliers[...]. Ainsi, il peut leur donner de la tenue, r gulariser leur position et les mettre, par suite, même de se lier au cheval, de se servir de leurs aides avec pr cision. Par des d monstrations claires, pr cises, il peut rendre vidents les buts poursuivre. Il peut tracer les moyens qui y conduisent, r gler en cons quence les exercices du dedans et du dehors et, avant tout, payer d'exemple. Il parlera ainsi aux yeux des l ves et clairera leur intelligence.

Mais l s'arr te peu pr s son r le ; car esp rer pouvoir agir d'une mani re directe sur le m canisme du cavalier, siy son sentiment surtout, ce serait aspirer l'impossible.
Le perfectionnement du m canisme, le d veloppement du sentiment équestre rentrent dans le domaine du praticien lui-m me et peuvent seuls faire acqu rir l' l ve les qualit qui lui permettront de devenir un jour minent dans la pratique de son art. Au praticien seul revient donc la responsabilit de avenir d' cuyer. 


XIXe s. : G n ral Alexis L'HOTTE, Questions équestres, p. 176 & 177

L'enseignant donne les bases et suscite l'int r t qui vont amener l' l ve, si celui-ci le d sire, trouver en lui la volont de r ussir et de s'am liorer sans cesse.
Ceci n'est pas propre l'équitation.


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 La transmission de l'art rencontre [...] deux obstacles particuliers qui sont bas s, l'un sur le manque de permanence des effets équestres, l'autre sur la difficult qu' prouve le ma tre amener la conviction chez l' l ve.
[...]
Voici maintenant les difficult s que rencontre l' cuyer pour convaincre l' l ve de la v rit des principes qui lui sont enseign s.

Ce n'est qu'avec peine et avec le temps que la conviction p n trera dans l'esprit de l' l ve, parce que les moyens dont l' cuyer dispose sont insuffisants pour l'imposer. Cette insuffisance ressort déjà de ce que j'ai dit du manque de permanence des effets équestres, des conditions variables que pr sente le cheval et qui font que sur lui, les mêmes actions ne produisent pas toujours les mêmes r sultats. Mais l ne s'arr te pas les causes qui s'opposent une prompte conviction. Il faut encore y ajouter la difficult qu' prouve l' cuyer faire appr cier, d'une mani re un peu vidente, les moyens que lui-m me emploie, et enfin une cause particuli re et fr quente de doute, dont je vais parler.

Pour l'équitation, de même que pour tous les arts, une d monstration doit toujours aboutir une action physique ; autrement, cette d monstration serait sans but utile, puisqu'elle serait sans port e pratique. Mais lorsqu' la d monstration succ dera l'action équestre, celle-ci, quelque justifi e qu'elle soit, n'entra nera pas forc ment le r sultat qui lui a été assign par el ma tre. Pour avoir sa valeur et produire l'effet qu'on attend, il est indispensable que toute action équestre, quelque simple qu'elle puisse tre, soit  bas e sur l' -propos et r gie par la mesure  . or, cet -propos et cette mesure, ressortant d'un sentiment particulier l' l ve lui-m me, chappent en grande partie la surveillance du ma tre. Malgr les soins de celui-ci, il arrivera donc que, souvent, bien souvent, le succ s n'accompagnera pas l'emploi du moyen qu'il a prescrit ; et, après plusieurs essais infructueux, le doute viendra naturellement se glisser dans l'esprit de l' l ve, moins qu'il n'ait une confiance absolue dans le talent autant que dans la parole du ma tre.

Que de cavaliers, sous l'emprise de ce doute ont dit en parlant de celui qui les instruit :  il fait autrement qu'il dit !  . L' cuyer, digne de ce nom, ne fait pas autrement qu'il enseigne, mais mieux que l' l ve n'ex cute. Si des faits semblables peuvent parfois donner raison cette parole des l ves c'est que ceux qui en sont t moins ne savent pas se rendre compte qu'un pr cepte peut recevoir une foule de modifications dans son application, sans que, pour cela, la moindre atteinte soit port e la v rit . 


XIXe s. : G n ral Alexis L'HOTTE, Questions équestres, 1895, p. 174 176

Si l' l ve peut parfois se sentir bien seul et incompris sur son cheval, il doit savoir qu'il n'en est rien et que l'enseignant ne peut se mettre la place de l' l ve si celui-ci veut acqu rir le savoir. L'équitation demande donc de la patience et de la pers v rance, tant l'enseignant qu' l' l ve.

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Psychologie du couple cavalier/cheval


 Savoir enseigner et donner tout ce que l'on a appris par la pratique, savoir l'expliquer, le transmettre, n cessite des notions de psychologie afin de saisir le caract re de l' l ve et de sentir comment lui faire comprendre. Il faut aussi r aliser quel est l' tat d'esprit du cheval quand il est mont par tel ou tel cavalier. 

XXe s. : Nuno OLIVEIRA, Principes classiques de l'art de dresser les chevaux, 1983, dans uvres compl tes, 2006, p. 191

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L'anti-p dagogie


Je vous propose de faire connaissance avec une cons ur, monitrice de notre poque, au travers des lignes qui suivent dans lesquelles elle d nonce l'anti-psychologie et l'anti-p dagogie.
 

Les Gourous 

 


De retour d'une visite m morable chez Catherine et Michel Henriquet*, je me sens fortifi e dans mes convictions sur ma fa on de travailler, dans mes principes d' ducation du cheval et du cavalier. Parall lement, j' prouve une grande intol rance pour les pratiques que je vois faire et que je tol rais plus ou moins jusqu'alors.

Quelles sont ces pratiques ?

Des moniteurs ou pseudo-moniteurs, des dipl m s ou non, avec de l'expérience dans un autre domaine que la p dagogie, parfois dans la comp tition, parfois seulement dans le narcissisme, s duisent des cavaliers ignorants et leur font faire n'importe quoi, sans rigueur, dans un programme inexistant, ou totalement inverse au bon sens, camouflant leur incomp tence par de beaux grands discours sur la l g ret , r -interpr tant les malheureuses d fenses du cheval comme des exercices voulus !

Les personnages charismatiques ne sont pas forc ment de "bonnes personnes".

Comment les reconnaitre ?
- le moniteur vous interdit de monter votre cheval tant qu'il ne l'a pas soi-disant dress (plusieurs mois ou ann es) ;
- le moniteur vous oblige utiliser un enr nement, le même pour tous ses l ves (disciples) ;
- le moniteur utilise lui-m me un enr nement sans savoir s'en servir (ex. : r nes allemandes hyper-tendues) ;
- le moniteur s'interpose entre vous et votre cheval au lieu de cr er une complicit entre lui et vous.
- le discours et l'action ne collent pas (dissimulation de son incomp tence, manipulation de la pens e)
- le moniteur longe sans chambri re sous pr texte que le cheval est chaud (incomp tence) ;
- le moniteur commence toujours le travail du cheval dans des allures ratatin es (destruction de la d contraction - principe d'entra nement) ;
- le moniteur commence toujours le travail au trot assis (ignorance de la phase d' chauffement - principe d'entra nement) ;
- le moniteur exige que vous soyez droit comme un piquet au trot assis (ignorance du fonctionnement du cavalier en selle) ;
- le moniteur re-interpr te les d fenses du cheval (croupade, levade etc.) comme des exercices demand s sciemment (mensonge et incomp tence) ;
- le moniteur passe ses nerfs sur le cheval en cas de probl me (incomp tence, absence de sens p dagogique, peur, ignorance des principes d'apprentissage) ;
- le moniteur exerce une prise en charge excessive de ses cavaliers en se m lant de tout : nourriture, ferrure, soins, p riode de libert (sur-protection) ;
- le moniteur rend l' l ve d pendant de lui (contraire au principe de p dagogie qui cherche l'autonomie de l' l ve ;
- l' l ve n'a pas le droit de quitter l'enseignant, ni d'aller demander conseils ailleurs, (cela provoque une r volution), il doit rester le seul r f rent ;
- le moniteur est imbus de son savoir et de ses connaissances : il sait tout mieux que tout le monde et se vante d' tre bien meilleur que les cuyers c l bres ;
- le moniteur travaille le cheval pour son propre niveau et le cheval vous est inmontable sans danger ;
- le moniteur n' duque pas le cheval, il le contraint ;
- même après quelques semaines de travail, votre cheval est toujours paniqu quand il voit votre moniteur (rappel, la base du travail est la confiance) ;
- le moniteur abuse de votre confiance en vous revendant une marque quelconque de compl ments alimentaires, pour laquelle il touche un pourcentage : ces compl ments ne correspondant pas votre cheval, et causant ipso faco des probl mes de sant  ;
- ...

Ces gourous ou plut t ces manipulateurs, ces charlatans, exercent un contr le mental sur des clones serviles. Mais les disciples ont leur part de responsabilit s ! Une complaisance devant leurs propres faiblesses les conduit irr m diablement un gourou.

Qui s duisent-ils ?
- les cavaliers brutaux : a leur vite de se remettre en question ;
- les ignorants : ils sont facilement manipulables n'ayant pas suffisamment de connaissances pour exercer leur sens critique ;
- les peureux sur lesquels le gourou va avoir la mainmise tr s ais ment en d montrant sa force, sa ma trise, d'une brutalit latente ;
- les ing nus s duits par un physique ou une personnalit plus que par des comp tences r elles ;
- les individus fragiles, en demande d'aide, dont la situation les am ne accepter tous les conseils sans se rendre compte de la d formation de la r alit .

Cavaliers, diversifiez vos approches, lisez, t moignez de votre travail avec d'autres, coutez les autres, comparez... Ne restez pas dans l'ombre d'un seul.


* lire aussi : compte-rendu de la visite chez Catherine et Michel Henriquet


XXIe s. : Laurence GRARD GUENARD, monitrice indépendante BEES1 dans l'Oise - 2010

Cette r flexion, malheureusement tr s juste et lucide, est publi e sur son site L'équitation p dagogique et je m'associe en plein. Nous avons la même conception de l'équitation et de l'enseignement. Si l'affichage de ce texte tait rendu obligatoire dans tous les lieux d'enseignement de l'équitation, peut- tre ne serions nous pas sans cesse confront s des aberrations de l'équitation et de la p dagogie telles que les violences physiques et psychiques, tant sur les chevaux que sur les l ves !

 

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Date de cr ation : 04/09/2010 @ 15:18
Derni re modification : 06/03/2013 @ 15:29
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